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Posté le 29/09/26

National

Déclaration de SUDCAM aux négociations nationales du Mardi 29 Septembre 2026

Déclaration SUDCAM-CCPNI du Mardi 29 Septembre 2026

À l’ouverture de cette CCPNI, SUDCAM souhaite adresser un message clair et franc à la délégation fédérale.

Compte tenu de la situation et de l’état d’esprit que nous constatons aujourd’hui chez de nombreux salariés, nous avons volontairement choisi d’employer un discours direct. Non pas pour provoquer. Non pas pour caricaturer. Et encore moins pour fermer la porte à la négociation que nous ouvrons aujourd’hui. Mais simplement parce qu’à un moment donné, il faut dire les choses telles qu’elles sont, et surtout telles que les salariés les vivent.

Et la réalité, aujourd’hui, c’est que bon nombre de nos collègues ne s’y retrouvent plus. Depuis des mois, nous alertons sur la dégradation de leur pouvoir d’achat. Et nous ne parlons plus ici de quelques dizaines d’euros. Pour certains, ce sont plusieurs centaines d’euros chaque mois qui sont venus déséquilibrer le budget familial.

Pour tous ceux qui parcourent quotidiennement plusieurs dizaines de kilomètres pour venir travailler ou aller à la rencontre de leurs clients, le coût des déplacements est notamment devenu une préoccupation majeure. Certains finissent même par se poser une question que personne ne devrait avoir à se poser : combien cela me coûte-t-il désormais, simplement pour aller travailler ?

Et c’est précisément là que se situe aujourd’hui le problème. Il existe un décalage de plus en plus difficile à comprendre entre la réalité vécue par les salariés et les performances affichées par le Crédit Agricole.

En début d’année, on nous expliquait que 2026 serait une année compliquée. Que le contexte économique était incertain. Que le contexte politique l’était également. Et qu’il fallait, par conséquent, être prudent. Mais la prudence ne peut pas fonctionner à sens unique.

Parce que neuf mois plus tard, les résultats sont là. Au premier semestre 2026, le Groupe Crédit Agricole affiche 2,7 milliards d’euros de bénéfice net, en hausse de 7,8 % sur un an ; 2,9 milliards d’euros de bénéfice net consolidé pour les Caisses régionales, en progression de 24 % ; et la contribution des Caisses régionales au résultat du Groupe a été multipliée par 3,5 en un an.

Alors, là encore, disons les choses simplement : le Crédit Agricole n’est pas la petite PME du coin. Nous parlons bien de l’un des principaux groupes bancaires européens, qui dispose de la solidité et des leviers nécessaires pour agir sur le pouvoir d’achat de ses salariés.

La question n’est donc plus seulement de savoir si le Crédit Agricole peut agir. La question est de savoir quelle part de cette réussite collective il souhaite aujourd’hui restituer à celles et ceux qui contribuent, chaque jour, à la produire. Et cette question sera forcément au cœur des attentes des salariés.

D’autant que nous ne pouvons pas faire comme si le 22 janvier 2026 n’avait pas existé. Ce jour-là, des salariés du Crédit Agricole  se sont mobilisés partout en France, dans le cadre d’un mouvement national totalement inédit.

Ce mouvement n’est pas arrivé par hasard. Il exprimait déjà une profonde insatisfaction face à la politique salariale menée dans la branche. Beaucoup de salariés n’ont toujours pas digéré le sentiment de ne pas avoir été entendus à l’issue de cette mobilisation. Huit mois ont passé. Et cette insatisfaction n’a pas disparu.

Au contraire, sur le terrain, nous constatons que les attentes sont probablement encore plus fortes aujourd’hui. Parce que le pouvoir d’achat reste une préoccupation quotidienne. Parce que les exigences et les objectifs restent élevés. Parce que les salariés, eux, continuent de répondre présents. Et parce qu’ils voient, parallèlement, le Crédit Agricole publier des résultats solides et communiquer fièrement sur ses performances.

Alors forcément, une question revient régulièrement dans la bouche de nos collègues : quand cette réussite collective trouvera-t-elle une traduction suffisamment concrète sur la feuille de paie des salariés ? Cette demande n’a rien d’excessif. Elle relève simplement de la reconnaissance du travail accompli.

Cette négociation salariale n’est donc pas une négociation comme les autres.

Nous devons donc tous mesurer la responsabilité qui est la nôtre autour de cette table.

Les salariés attendent une réponse à la hauteur.

Nous avons collectivement l’occasion de faire de cette négociation une réussite et d’envoyer enfin un signal positif aux salariés.

SUDCAM est donc prêt à y prendre pleinement sa part.


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