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L’augmentation obtenue lors des négociations salariales est bonne à prendre. Nous aurions souhaité davantage et nous continuerons à défendre une meilleure reconnaissance de notre travail. Mais prendre ce qui a été obtenu ne signifie pas renoncer à nos revendications, ni fermer les yeux sur les difficultés qui nous entourent.
Ce n’est pas parce qu’une avancée a été obtenue que nous devons nous résigner.
Travailler au Crédit Agricole ne nous met pas à l’abri de la vie chère. Les courses, le logement, l’énergie, les déplacements pèsent sur nos budgets aussi. Derrière des situations personnelles différentes, nous connaissons ces dépenses qui obligent à compter, à reporter un projet ou à renoncer.
Nous sommes également parents, proches de personnes retraitées, usager·ères d’un service public qui se dégrade et s’effondre depuis trop d’années. Les difficultés pour se soigner, étudier, se loger ou vivre dignement nous concernent directement.
La mobilisation du 5 novembre s’inscrit dans cette colère contre la vie chère, avec la convergence d’autres luttes : celles des lycéen·nes, des étudiant·es, des personnels de la fonction publique et de toutes celles et ceux qui défendent leurs conditions de vie et leur avenir.
Chaque mobilisation porte ses revendications. Mais elles se retrouvent autour d’une même exigence : pouvoir vivre dignement, accéder à des services publics de qualité et obtenir une répartition plus juste des richesses.
Nous pouvons nous reconnaître dans ce mouvement social et y prendre notre place. La solidarité entre les secteurs, les générations et les situations professionnelles donne davantage de force à ces exigences communes.
Les images qui tournent en boucle sur les grandes chaînes d’information ne suffisent pas à comprendre un mouvement. Lorsque l’attention se concentre sur les affrontements, les perturbations et les polémiques, les raisons de la mobilisation passent trop souvent au second plan.
Prenons le temps d’écouter celles et ceux qui descendent dans la rue. Leurs témoignages parlent de fins de mois difficiles, de précarité, de fatigue, de services publics fragilisés et d’inquiétude pour l’avenir.
Cette colère vient de loin. Elle s’est nourrie, année après année, de difficultés accumulées. Elle se heurte à une dérive de plus en plus autoritaire du pouvoir, qui réduit la place du dialogue et traite trop souvent la contestation comme un problème d’ordre public. Les mobilisations successives rendent visible une crise sociale profonde qui nous concerne toutes et tous.
Ne détournons pas les yeux de ce que ces mouvements disent de notre société.
SUDCAM Champagne Bourgogne appelle chacun·e à soutenir la mobilisation du jeudi 5 novembre, selon ses possibilités : participer à un rassemblement ou à une manifestation, faire grève, relayer les revendications, échanger avec ses collègues et ses proches ou contribuer aux initiatives de solidarité.
Nous savons que les contraintes financières, professionnelles et familiales sont réelles. Chacun·e doit pouvoir trouver sa manière d’apporter son soutien, sans jugement ni culpabilisation.
Au-delà de cette journée organisée par les organisations syndicales, nous appelons également à soutenir le mouvement citoyen contre la vie chère. Nous défendons un mouvement autonome, libre, démocratique et pacifique, dans lequel chacun·e peut s’exprimer et agir collectivement. Dans un monde qui se transforme, une démocratie vivante, nourrie par le débat, la participation citoyenne et la liberté de contester, constitue un garde-fou essentiel face aux dérives actuelles.
Parce que ses préoccupations rejoignent les nôtres. Parce que défendre notre pouvoir d’achat, nos droits et nos services publics demande de la solidarité dans la durée.
Le 5 novembre et au-delà, chacun·e comme il ou elle le peut, soutenons celles et ceux qui se mobilisent. Leur aspiration à vivre mieux, nous la partageons.

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