1061€ / 1200€ / 2020€ ? Quand on mélange les choux et les carottes, on finit toujours par obtenir le chiffre qu’on veut. SUDCAM débunke pour vous la dernière communication patronale.
1061€ : un chiffre pour faire oublier la seule augmentation pérenne : 0,44 %
La direction explique qu’un salarié moyen verrait sa rémunération progresser de 1061€ en 2026. Mais ce montant mélange en réalité trois éléments qui n’ont rien à voir entre eux :
- l’intéressement, qui dépend des résultats (et varie chaque année)
- la REC, qui dépend de l’atteinte des objectifs (et varie chaque année)
- l’augmentation accordée par la Fédération (17€ brut en moyenne par mois – la seule augmentation pérenne).
Pour faire simple, la seule augmentation pérenne moyenne correspond à 221€ sur un an.
1200€ : soit +139€ par rapport à 1061€… et encore, rien de pérenne
Pour arriver à ce chiffre, la Direction propose d’ajouter à l’équation :
- une hausse exceptionnelle de participation à la mutuelle (uniquement sur 2026)
- un abondement exceptionnel au PEE (uniquement sur 2026)
Ces mesures ne sont pas des augmentations de salaire :
- la mutuelle est un élément de protection sociale
- l’abondement PEE est ponctuel et fléché vers l’épargne
Les présenter comme une hausse de rémunération annuelle est pour le moins… discutable.
2020€ : sous réserve d’obtention d’une RCI…
Ce qui n’est pas dit :
- plus d’un·e salarié·e sur deux n’est pas concerné·e par l’attribution d’une RCI
- aucune transparence sur la répartition des RCI
Au-delà des chiffres, la vraie question posée par cette communication est ailleurs.
En présentant ces éléments comme une hausse globale de rémunération, puis en expliquant que certaines mesures ne peuvent finalement pas être appliquées faute de signature des organisations syndicales, la Direction entretient un raccourci qui ressemble fortement à du syndicat-bashing.
Rappelons un point simple : le rôle d’un syndicat n’est pas de valider une proposition parce qu’elle existe, mais d’analyser, d’expliquer et de défendre des mesures justes et durables pour les salarié·es.
Informer les salarié·es avec des chiffres mélangés, puis laisser entendre que les syndicats seraient responsables de la situation, ce n’est pas du dialogue social, c’est de la communication.
Chez SUDCAM, nous continuerons à faire ce que nous devons faire :
👉 dire clairement ce qui relève du salaire pérenne et ce qui n’en relève pas
👉 refuser les présentations trompeuses
👉 et défendre des mesures qui reconnaissent réellement le travail des salarié·es.
Parce qu’un dialogue social de qualité mérite mieux que des raccourcis… et les salarié·es aussi.