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Posté le 22/01/26

Champagne Bourgogne

Analyse et revendications SUDCAM Champagne-Bourgogne suite au communiqué de la direction (mobilisation du 22 janvier 2026)

Tu n’as pas lu le communiqué de la direction ? Ce n’est pas étonnant. Il s’inscrit dans une communication institutionnelle classique, avec peu d’éléments permettant de répondre concrètement aux attentes exprimées par les salarié·es mobilisé·es.

Pour SUDCAM Champagne-Bourgogne , la transparence n’est pas un slogan. Informer, c’est donner à chacun·e les éléments nécessaires pour comprendre, comparer et se faire sa propre opinion.

C’est pour cela que nous avons fait le choix de reprendre ce communiqué et de l’analyser point par point, en le confrontant à la réalité vécue par les salarié·es : conditions de travail, effectifs, rémunération, reconnaissance.


Effectifs : le chiffre… et la trajectoire

Le communiqué de la direction :

Le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne (CACB) est aujourd’hui l’un des premiers employeurs privés de la région, sur les quatre départements qui constituent son territoire, Aube, Cote d’Or, Haute-Marne et Yonne. Il agit au quotidien pour proposer à ses collaborateurs des conditions de travail et de rémunération de qualité. Actuellement, la caisse régionale compte 1760 salariés, dont 77 personnes nouvellement embauchées en CDI et 215 alternants et stagiaires accueillis en 2025.

Analyse SUDCAM

Oui, la direction annonce 1 760 salarié·es. Mais un chiffre figé ne fait pas une politique sociale. Dans le secteur bancaire, la tendance est connue : automatisation, réorganisations, mutualisations. La vrai question de fond est de savoir « combien serons nous demain ? ». En 2025, la caisse régionale aurait perdu une quarantaine de postes au niveau des sites, pour une trentaine de poste au global.

La mobilisation du 22 janvier 2026, c’était aussi une alerte :

  • charge de travail en hausse,
  • pression croissante,
  • équipes mises à rude épreuve.

Bref : sans trajectoire, on raconte une histoire courte. Les salarié·es, eux, vivent un film en plusieurs saisons…


« Talents » : le mot qui dit beaucoup

Le communiqué de la direction :

Entreprise où il fait bon travailler, la Caisse régionale recrute de nouveaux talents chaque année, avec l’ambition de permettre à chacun de s’épanouir et d’évoluer dans une large palette de métiers à l’échelle du Groupe Crédit Agricole.

Analyse SUDCAM

“Talents”, c’est un mot tendance. Le problème, c’est qu’il sert souvent à vendre une image : on met en avant le recrutement et l’attractivité… pendant que sur le terrain on parle surtout d’effectifs, d’organisation et de reconnaissance.

SUDCAM préfère une approche simple : une entreprise ne tourne pas grâce à quelques “talents”, elle tient grâce à des équipes stables, correctement dotées et reconnues. Sinon, on recrute… pour remplir un seau percé.


IER : un indicateur, pas une vérité

Le communiqué de la direction :

La qualité de vie au travail est une préoccupation constante, régulièrement partagée pour aboutir à la signature de différents accords avec les représentants du personnel. Elle est également mesurée chaque année à travers l’Indice d’Engagement et de Recommandation (IER) qui progresse régulièrement sur de nombreux items.

Analyse SUDCAM

On le sait, la crainte de s’exprimer librement lors de chaque IER, combinée à des questions formulées de manière orientée, favorise un phénomène d’auto-censure. Dans ces conditions, présenter l’IER comme un indicateur pleinement représentatif du climat social relève davantage de la communication que d’un réel exercice d’écoute. Par ailleurs, une enquête sociale a récemment été menée. Ses résultats se font toujours attendre. Leur publication et leur mise en regard avec l’IER seront éclairantes pour apprécier, de manière plus honnête et complète, la réalité du ressenti des salarié·es.


« Tous façonneurs » : participation ou pouvoir d’agir ?

Le communiqué de la direction :

Le Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne continue de s’engager pour son territoire, d’investir dans son réseau d’agences, de recruter et de former ses équipes au service de ses clients, en proximité. La co-construction est également une valeur déterminante du projet d’entreprise « Tous façonneurs » qui associe largement les collaborateurs à la réflexion menée depuis trois ans pour assurer l’avenir de l’entreprise en cohérence avec les aspirations de ses forces vives.

Analyse SUDCAM

Si la réflexion existe, elle doit se traduire en décisions lisibles sur les sujets qui impactent le quotidien : effectifs, organisation, charge, reconnaissance. Sinon, on reste dans une logique très “projet d’entreprise” : beaucoup de mots, peu de leviers.

SUDCAM défend une co-construction qui ne soit pas seulement “participer à la réflexion”, mais peser réellement sur les choix.


Rémunération : la moyenne qui masque la fiche de paie

Le communiqué de la direction :

Sur le plan de la rémunération de ces dernières années, alors que l’inflation était plus forte, l’entreprise a toujours veillé à ce que les différentes mesures salariales permettent de préserver le pouvoir d’achat des salariés. En 2025, les négociations ont permis une évolution des salaires supérieure à 2%. En 2026, la négociation de branche, à laquelle s’ajouteront les fruits de la négociation locale en cours, conduira à une évolution de la rémunération conventionnelle de plus de 2%.

Analyse SUDCAM

Le sujet, ce ne sont pas les annonces globales, mais la réalité sur le terrain.
Pour plus de 50 % des collègues, l’évolution salariale se limite au minimum syndical. Dans ces conditions, le pouvoir d’achat ne « se préserve » pas : il s’effrite, année après année, en particulier pour celles et ceux qui doivent attendre plusieurs années — parfois jusqu’à quatre — pour bénéficier d’une augmentation automatique.

SUDCAM fait un choix clair : parler fiche de paie, pas slogan.
Quand le travail est fait, quand les objectifs sont atteints et que l’entreprise crée de la valeur, il n’est ni acceptable ni soutenable de voir le pouvoir d’achat reculer, pendant que la communication s’appuie sur des moyennes qui masquent la réalité vécue par la majorité.


Intéressement : un complément, pas un salaire

Le communiqué de la direction :

Par ailleurs, la valeur créée est partagée, notamment à travers un accord d’intéressement qui produit des montants significatifs chaque année. Ainsi, le montant versé en 2025 (au titre de l’exercice 2024) et abondé par l’entreprise, représente en moyenne 7 132€ brut par salarié.

À ce jour, les résultats 2025 de la Caisse régionale ne sont pas encore communiqués, mais ils progressent et se matérialiseront par un versement plus important pour tous afin de récompenser l’implication et les efforts de chacun.

Analyse SUDCAM

Quand une entreprise dégage des résultats, que la valeur créée soit partagée n’a rien de « généreux » : c’est une logique normale, puisque cette valeur est le fruit direct du travail et de l’engagement des équipes.

Mais remettons les choses à leur juste place. L’intéressement ne remplace pas le salaire. Ce n’est pas ce qui tombe chaque mois sur le compte pour vivre, se loger ou faire face aux dépenses courantes. Et surtout, ce n’est ni garanti ni pérenne : il dépend des résultats de l’entreprise et des règles de calcul, qui peuvent évoluer.

Le cœur de la mobilisation porte aussi cette exigence-là : l’intensité du travail sur le terrain doit se traduire par une reconnaissance durable, intégrée au salaire, et non être renvoyée à des compléments variables, par définition incertains.


Avantages : oui… mais pas comme excuse

Le communiqué de la direction :

En complément de ce partage de la valeur, on peut également citer dans les avantages perçus, les primes versées pour différents moments de vie, la participation à la mutuelle des salariés (prise en charge à 60%), la participation de l’employeur sur les repas, le forfait mobilité durable, la mise à disposition gratuitement de 300 vélos électriques, 56 jours de congés annuels, 35 jours de télétravail (40 pour les salariés éloignés de leur lieu de travail), …

Analyse SUDCAM

Oui, ces avantages existent. Et non, ils ne sont pas « tombés du ciel » : ils sont aussi le fruit des échanges et des accords négociés avec les partenaires sociaux, souvent à l’initiative des organisations syndicales.

Mais attention à l’argumentaire « catalogue ». L’énumération d’avantages ne peut pas servir de caution à une stagnation des salaires ni masquer une perte de pouvoir d’achat. Un vélo électrique peut faciliter les déplacements, le télétravail améliorer l’organisation, mais aucun de ces dispositifs ne compense un salaire qui n’évolue pas.

La position de SUDCAM est claire et constante : les avantages sont un complément utile, pas une variable de substitution. Avantages + salaire, c’est une amélioration réelle. Avantages à la place du salaire, c’est un contournement que nous refusons.


Fierté : réelle, mais pas suffisante

Le communiqué de la direction :

L’ensemble de ces éléments font du Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne une entreprise au sein de laquelle 91% des salariés déclaraient en 2025 être fiers de travailler.

Analyse SUDCAM

Oui, les collègues peuvent être fiers. Fiers de l’utilité sociale de leur travail, de leur engagement quotidien et du service rendu sur le territoire. Cette fierté professionnelle est réelle, et elle constitue une force pour l’entreprise.

Mais la fierté ne règle pas tout. Être fier de son travail n’empêche ni la surcharge, ni la pression croissante, ni l’érosion progressive du pouvoir d’achat. La question de fond reste donc entière : cette fierté est-elle réellement reconnue à sa juste valeur ?

La position de SUDCAM est claire : on peut aimer son travail, être attaché à son métier, et exiger en même temps des conditions de travail et une reconnaissance à la hauteur de l’engagement fourni.
Ces deux exigences ne s’opposent pas. Elles vont de pair.


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